Histoire

Naissance et mise en place (2002 à 2004)

L’histoire de la COCAF est intimement liée aux suites de l’adoption de la première politique québécoise de reconnaissance et de soutien de l’action communautaire (PRSAC), intitulée L’action communautaire : une contribution essentielle à l’exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la PRSAC, adoptée par le gouvernement du Québec en 2001, le ministère de l’Éducation du Québec (MÉQ) a revu le programme de soutien à l’éducation populaire autonome (PSÉPA) et le programme de soutien à l’alphabétisation populaire (PSAPA). Parmi les 1000 organismes communautaires financés par le PSÉPA ET PSAPA, le ministère a identifié les groupes qu’il considérait comme étant les plus directement reliés à sa mission éducative. Ainsi, le Ministère a retenu 160 organismes qui seraient dorénavant soutenus financièrement pour leur mission.  Le MÉQ les a regroupés en quatre secteurs : les groupes d’alphabétisation populaire, les écoles de la rue, les groupes de lutte au décrochage scolaire et les groupes de formation continue. Les autres organismes ont vu le soutien financier suivre leur transfert vers un autre ministère « d’appartenance ».

En 2002, le MÉQ adoptait aussi sa politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue et un plan de mise en œuvre de celle-ci. L’adoption de cette politique est importante dans le contexte de la mise en œuvre de la PRSAC au sein du MÉQ.

Bien qu’ayant participé aux États généraux sur l’éducation, au grand Chantier de la formation continue et aux consultations sur la reconnaissance de l’éducation populaire autonome, les groupes sont déçus de la prédominance d’une vision de l’éducation axée surtout vers l’acquisition des connaissances de base et vers les compétences pour l’emploi. La formation continue tout au long de la vie, la variété des lieux et modes d’apprentissages à une citoyenneté active et l’approche d’éducation populaire autonome y sont presque qu’absentes. Les organismes auront donc toujours à insister et faire reconnaître leurs particularités face au MÉQ qui s’appuie sur une vision de la formation continue dans une approche plus formelle.

De la Bande des 9 au COCAF

En février 2003, la Table des fédérations et organismes nationaux en éducation populaire autonome (Table des Fédés) organise une rencontre afin de réunir les 9 organismes communautaires autonomes nationaux ou régionaux reconnus dans le secteur formation continue par le ministère de l’Éducation du Québec. Ces organismes viennent d’être informés qu’ils sont reconnu par le nouveau Service des programmes aux organismes communautaires (SPOC) mis sur pied par le ministère de l’Éducation du Québec dans le cadre des plans d’action de la politique de reconnaissance et de soutien à l’action communautaire (PRSAC) et de la politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue (PÉAFC) et qui a le mandat de développer le programme d’action communautaire sur le terrain de l’éducation (PACTE). Ainsi, ils obtiendront un financement à la mission pour l’année 2002-2003.

Lors de cette rencontre, la Bande des 9, nom utilisé à l’interne pendant les premières années, met sur pieds le Comité des organismes communautaires autonomes de formation (COCAF). À travers cette nouvelle structure de concertation, qui est soutenue par la Table des Fédés, les neuf organismes souhaitent apprendre à se connaître comme secteur, partager de l’information, mesurer ensemble les enjeux entourant leur rattachement au ministère de l’Éducation, identifier les questions sur lesquelles ils peuvent intervenir collectivement et représenter les groupes, notamment en regard de la mise en place de l’application de la PRSAC et le développement du PACTE.

Par ailleurs, cette instance lui permettra de développer des liens et des alliances avec les autres secteurs reconnus au MÉQ en vue de développer des positions et des stratégies communes afin que le PACTE respecte la réalité des groupes et les principes de l’action communautaire autonome.

En 2003, le sous-ministre adjoint de la Direction générale de l’éducation des adultes reconnaît le COCAF comme représentant des organismes du secteur formation continue dans les instances de consultation du ministère de l’Éducation du Québec touchant les organismes d’action communautaire autonome et défraie les frais de participation à ces instances. De 2003 à 2005, le COCAF se réunit surtout pour partager l’information et prendre position quant au programme de financement du ministère et à des enjeux plus larges qui sont en lien avec l’action communautaire autonome.

C’est aussi dans cette même période que le ministère annonce une enveloppe spécifique pour la mise en œuvre de la PÉAFC dans laquelle 800 000$ seront réservés pour accueillir des projets qui s’arriment à cette politique et sa mise en œuvre. Les premières demandes déposées par les groupes du COCAF seront toutefois refusées.

La consolidation du regroupement (2005 à 2009)

En janvier 2005, alors que l’entente avec la Table des Fédés prend fin, le COCAF dépose une première demande de financement pour son travail de concertation, de consultation et de fonctionnement. Une première petite subvention lui est alors accordée à partir des sommes résiduelles du PACTE. Il n’est toutefois pas reconnu comme organisme accrédité.

Par ailleurs, on assiste à une expansion du comité. En effet, la Bande des 9 accueille le Centre d’animation, de formation et d’accompagnement (CAFA) qui agit en Abitibi-Témiscamingue et au Nord-du-Québec. Arriveront ensuite le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD) et le Center for Community Organisations (COCo). En 2006, l’organisme L’Autre Montréal se joindra au comité. En 2008, on invitera le Centre de formation sociale Marie-Gérin-Lajoie, alors en attente d’accréditation, à participer aux travaux de cette instance de concertation.

De 2004 à 2007, un financement non récurrent pour les activités de la COCAF est obtenu par l’entremise du Centre régional de formation de Lanaudière (CRFL) qui est mandataire du projet durant ces années. En 2006-2007, la COCAF entreprend des démarches d’incorporation afin d’être reconnue officiellement et financée par le MÉQ pour réaliser ses objectifs. C’est à cette occasion que le Comité adopte le nom de Coalition des organismes communautaires autonomes de formation (COCAF), conservant ainsi le même acronyme. En 2007, la COCAF sera reconnue en tant qu’organisme accrédité et pourra, à partir de là, déposer une demande de financement au ministère, et ce, au même titre que les autres organisations du secteur.

Toujours concernée et intéressée à jouer un rôle significatif au sein du mouvement de l’action communautaire autonome, la COCAF se joint au Comité aviseur de l’action communautaire autonome en 2006 où il représentera le secteur formation.

À travers la démarche d’incorporation qu’elle a réalisée, son travail de représentation, ses prises de position autour des enjeux du PACTE et du travail qu’il effectue avec ses différente alliés, notamment les autres groupes communautaires financés au PACTE, la COCAF commence à vouloir développer davantage son identité afin d’accroître la cohésion de ces membres. Dans cette optique, la COCAF organise, le 16 mai 2007, la première journée de réflexion qui porte sur les enjeux des organismes communautaires autonomes de formation. Ce type de journée, qui aura lieu annuellement par la suite, permet aux membres de s’inspirer des pratiques innovantes mises en place par les autres et d’améliorer le travail de formation continue qu’ils effectuent.

Depuis son assemblée générale de fondation, la COCAF poursuit la consolidation de son fonctionnement et de ses mécanismes de communication. Ses membres suivent de près les enjeux de la reconnaissance et du financement ainsi que ceux qui sont en lien avec le deuxième plan d’action de la Politique d’éducation des adultes et de formation continue, notamment grâce à leur représentation dans différents comités ministériels.

Par ailleurs, la présence de la COCAF au Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) lui permet d’approfondir sa réflexion sur divers enjeux qui sont en lien avec la PRSAC et lui donne aussi l’occasion de promouvoir l’importance de la formation continue pour les membres et les personnes qui s’impliquent dans les organismes d’action communautaire autonome.

Un rôle qui se précise (2010-2016)

En décembre 2010, la COCAF entreprend une réflexion stratégique qui l’amène à définir son mode de fonctionnement et a identifier les bases à partir desquelles les membres peuvent agir collectivement. Il s’agit de déterminer clairement les enjeux sur lesquels les membres de la COCAF souhaitent agir, comment ils souhaitent agir et qu’est-ce qu’ils souhaitent accomplir en intervenant sur ces questions. Bref, autres que le financement, quels sont le rôle et la mission de la COCAF?

Lors d’un Lac-à-L’épaule organisé pour adresser ces différentes questions on identifie 5 chantiers de travail:

  • Alimenter un discours commun pour faire connaître le travail des OCAF;
  • Dégager une définition de base de ce qui constitue un OCAF;
  • Clarifier le mode de fonctionnement de la COCAF afin de faciliter la collaboration entre les OCAF;
  • Développer un site internet pour rendre visibles le travail et la mission des OCAF et de la COCAF;
  • Revoir les règlements généraux de l’organisation et critères d’adhésion.

La COCAF a toujours fonctionné en partageant le travail entre ses membres (que ce soit le travail d’organisation logistique ou administratif ou encore le travail de représentation) met en place des sous-comités qui sont chargés de mener à terme chacun de ces chantiers. Le travail des comités porte fruit et amène la COCAF à adopter un énoncé de mission officiel, à revoir ses règlements généraux, à préciser les critères d’adhésion de ses membres et à identifier clairement les principes qui guident le travail de la COCAF soit : la transformation sociale, la solidarité, la collaboration et la démocratie. Elle lance également son site web et adopte un nouveau logo. Par ailleurs, la COCAF continue de dégager des temps de formation pour permettre à ses membres de mieux se connaître, resserrer leurs liens, se tenir au courant des enjeux portés par chacun et, enfin, elle décide de déposer un projet collectif au MELS pour un évènement ouvert à l’ensemble du mouvement communautaire. Ainsi, de 2012 à 2014 la COCAF soutiendra l’organisation de l’Université Populaire d’Été qui abordera les thématiques suivantes :

  • Transformation sociale ou réparation sociale? Le rôle politique dans les OCA.  (2012)
  • De la militance individuelle à la mobilisation sociale. Nouvelles formes d’engagements et renouvellement des pratiques dans les mouvements sociaux ! (2013)
  • Laboratoire de concepts: ces mots/maux qui dictent nos actions (2014)

Cela dit, e dossier du financement des OCAF reste prioritaire. La COCAF s’investit ainsi dans différentes représentations auprès des alliés du secteur ou au sein de différentes instances de consultation qui sont mises en place par le ministère et revendique:

  • la reconnaissance de la particularité des OCAF;
  • le redressement de la situation financière des OCAF pour un traitement équitable des organismes financés;
  • l’indexation annuelle et une augmentation substantielle du financement à la mission.

Afin d’adresser les enjeux qui sont en lien avec la mise à jour de la politique en éducation des adultes et formation continue (PÉA), la COCAF participe au comité de la PÉA de l’Institut de coopération en éducation des adultes (ICÉA) afin de bien faire ressortir la particularité du travail des OCAF et de l’ÉPA dans cette nouvelle politique. Cette implication amènera la COCAF et certains de ses membres à participer à l’évènement « 24 heures pour un Québec » apprenant en mai 2013.

Soulignons que la COCAF demeure très active au sein du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA). Au cours de la période, elle s’implique entre autres au niveau du conseil d’administration du regroupement et participe à divers comités, notamment ceux portant sur le financement et la reconnaissance de l’action communautaire autonome.

Par ailleurs, notons que le Carrefour de développement social par l’éducation populaire (CDSEP) se joint à la COCAF en 2013, suite à son accréditation par le ministère, portant ainsi à 15 le nombre de membres de l’organisation.

En 2013, la COCAF adopte un plan d’action triennal qui s’articule autour des 5 orientations suivantes :

  • Promotion – visibilité;
  • Rehaussement du financement des OCAF et de la COCAF;
  • Partage de connaissances, d’outils, d’expériences et apprentissages;
  • Enjeux sociopolitiques et éducation populaire autonome;
  • Vie associative et démocratique.

Face à la volonté du ministère de procéder à une évaluation d’impact du PACTE, il a été convenu d’agir auprès du ministère de l’Éducation et e l’Enseignement supérieur (MÉES) et des partis politiques pour préserver une compréhension large de l’éducation des adultes qui reconnaît le travail des OCAF notamment en matière d’éducation populaire. Pour la COCAF et ses membres, il est fondamental que le MÉES reconnaisse la mission spécifique des OCAF et qu’il procède à un rehaussement substantiel de leur financement afin qu’ils puissent répondre adéquatement aux besoins grandissants des groupes d’ACA et continuer à innover en matière éducation des adultes.

En 2016, la COCAF lance le projet WikiACA, une encyclopédie collaborative dédiée à l’action communautaire autonome et qui a comme objectif de contribuer à la formation des personnes impliquées et intéressées par ce secteur. Grâce à ce projet, il souhaite également contribuer à accroître la visibilité des organismes communautaires du Québec.